Sa géographie :
L'Île-de-France compte 8 départements : Essonne (91), Hauts-de-Seine (92), Paris (75), Seine-et-Marne (77), Seine-Saint-Denis (93), Val-d'Oise (95), Val-de-Marne (94), Yvelines (78)
L'Île-de-France regroupe 1380 villes dont Paris, Boulogne-Billancourt, Argenteuil, Montreuil, Saint-Denis, Versailles, Nanterre, Créteil, Aulnay-sous-Bois, Vitry-sur-Seine, Colombes, Asnières-sur-Seine, Champigny-sur-Marne, Rueil-Malmaison, Saint-Maur-des-Fossés,Courbevoie, Aubervilliers, Drancy, Neuilly-sur-Seine, Antony, etc.
Son charme, son histoire :
On confond souvent Paris et la région Ile de France. Certes
l'agglomération parisienne regroupe plus de 10 millions d'habitants et
est sans conteste la plus grande ville de France. L'Ile de France,
c'est donc Paris avec ses quais, ses monuments, ses vieux quartiers, sa
beauté célébrée dans le monde entier... Mais c'est aussi Versailles et
son Château, l'un des monuments les plus visités au monde, les bords de
Marne et les dernières guinguettes où l'on dansait autrefois au son de
l'accordéon, Chantilly et ses courses, la Vallée de Chevreuse à deux
pas de Paris avec ses forêts et ses abbayes, Provins et sa cité
médiévale classée au patrimoine mondial de l'Unesco, la Roche-Guyon,
aux confins de l'Ile de France, avec son donjon planté sur un éperon
rocheux et dominant la vallée de la Seine... Si l'on connaît Paris, la
région Ile de France offre également une multitude d'autres atouts,
moins connus sans doute, mais tout aussi passionnants.
Outre un patrimoine culturel et historique exceptionnel, la région Ile
de France réserve aux gastronomes et autres amateurs de produits
"vrais" de nombreuses surprises. On ne présente plus le champignon de
Paris, à l'origine cultivé dans les carrières désaffectées de Paris.
Mais sait-on que la région produit quantité de fruits comme la pomme
Faro, légèrement acidulée, délicieuse à croquer, la cerise de
Montmorency, griotte acide recherchée pour la préparation des
confitures et conserves, la poire de Groslay dont le nom n'est pas une
variété mais consacre le savoir-faire, plus de 2 fois centenaire, des
arboriculteurs de la région. Pour les connaisseurs, la volaille de
Houdan, à la chair foncée et serrée, fine et savoureuse s'accommode à
merveille en cocotte. Un plateau de fromages français ne serait pas
complet sans le célèbre Brie de Meaux, fromage à pâte molle, au lait
cru de vache, véritable star de la production régionale. Citons
également le Coulommiers pour les fromages, la Moutarde de Meaux pour
les condiments, le Confit de Pétales de Roses de Provins et enfin les
digestifs avec le Grand Marnier, produit exclusivement à
Neauphle-le-Château, et le Noyau de Poissy...
Sa gastronomie :
Aromates et condiments
- Menthe de Milly : on cultive depuis le Moyen Âge des plantes
aromatiques, tinctoriales, médicinales et à parfum aux alentours de
Milly-la-Forêt (Essonne). La plus célèbre est la menthe poivrée, dont
on fait des bonbons, des sirops, des tisanes, des chocolats, etc.
- Moutarde de Meaux : condiment à base de grains de moutarde entiers,
de grains broyés à la meule, de vinaigre, d’eau, de sel et d’aromates.
Plus une touche caractéristique dont les moines de Meaux, qui la
confectionnaient au Moyen Âge, n’ont révélé le secret qu’à Pommery, qui
commercialisa la marque à partir de 1760. D’où son appellation commune
de « moutarde de Meaux Pommery », même si elle a depuis changé de
producteur.
- Vinaigre de Lagny : confectionné en Seine-et-Marne depuis 1865. Il sert de base à la moutarde de Meaux.
Fruits et légumes
Jusqu’au XIXe siècle, les cultures maraîchères et fruitières étaient
légion dans la périphérie de Paris : certaines ont acquis une renommée
bien au-delà des frontières de l’Île-de-France. Puis l’urbanisation est
passée par là au XXe siècle, remplaçant les jardins et les champs par
du béton. Beaucoup de ces produits ne sont plus que des souvenirs
cultivés par quelques irréductibles nostalgiques.
- Cresson de Méréville : l’Essonne est le premier producteur français
de cresson (production estimée à 7 millions de bottes par an) et
Méréville, où il est cultivé depuis la fin du XIXe siècle, s’est
autoproclamée « capitale du cresson ». On y célèbre la plante lors
d’une foire au cresson, chaque week-end de Pâques. À Méréville, classée
« site remarquable du goût », on peut également acheter le Cressonnier,
un apéritif à base de vin et de cresson.
- Petits pois de Clamart : les cultures maraîchères se sont installées
au XIXe siècle dans cette commune des Hauts-de-Seine, et le petit pois
de Clamart a vite acquis une renommée internationale. On fait désormais
revivre chaque année cette tradition pendant une semaine, en juin, lors
de la fête des petits pois.
- Asperges d’Argenteuil : cultivée à partir du XIXe siècle dans cette
ville du Val-d’Oise, elle a rapidement trusté les médailles au concours
agricole. On peut observer quelques spécimens énormes conservés dans du
formol au musée d’Argenteuil !
- Les champignons de Paris, qui poussent dans des caves calcaires, sont
notamment cultivés dans les anciennes carrières de Châtillon et dans
les champignonnières des Yvelines.
- Belles de Fontenay : c’est à Fontenay-sous-Bois, dans le Val-de-Marne, que l’on a découvert cette variété de pomme de terre.
- Poires de Groslay : cultivée dès le XVIIe siècle dans les vergers du
Parisis, dans le Val-d’Oise, elle l’est encore de nos jours. Il ne
s’agit pas d’une variété, mais d’une appellation.
- Cerises de Montmorency : petite et acidulée, elle fut largement
cultivée dans le Val-d’Oise à partir du XVIIe siècle. On la retrouve
jusque dans les écrits de Madame de Sévigné, de Rousseau et de
Voltaire, qui s’en faisait livrer. Mais à la fin du XIXe siècle, la
production a disparu petit à petit, concurrencée par les cerises du
Sud. Il ne reste d’ailleurs plus de cerisiers de cette époque.
- Pêches de Montreuil : sa culture remonte au XVIIe siècle et, jusqu’au
milieu du XXe siècle, fut florissante. Les pêchers étaient plaqués
contre des murs très épais, de 2,70 m de haut et recouverts de plâtre,
ce qui permettait d’emmagasiner la chaleur dans la journée et de la
restituer pendant la nuit. Il y eut jusqu’à 600 km de ces « murs à
pêches », mais ils disparurent peu à peu au XXe siècle, vaincus par
l’urbanisation. Aujourd’hui, il subsiste quelques kilomètres de murs
dans le haut Montreuil, dont les propriétaires écoulent les fruits sur
les marchés locaux.
- Chasselas de Thomery : on cultivait ce raisin de table, de 1730 au
XIXe siècle, sur des murs qui se sont étendus sur plus de 350 km. La
commercialisation a cessé complètement en 1980. Seuls quelques
passionnés maintiennent la tradition.
Viandes
Les élevages bovins, ovins et avicoles des Yvelines, de l’Essonne et de
la Seine-et-Marne sont certifiés par des labels, gages de qualité. Les
marques « Bovin d’Île-de-France » et « Agneau grand cru d’Île-de-France
» attestent un élevage traditionnel, des animaux nourris avec les
produits de la ferme (qui peuvent être assortis de compléments
alimentaires), et en aucun cas gavés aux hormones ou autres substances
pas très catholiques. De quoi présenter une viande tendre et savoureuse.
Parmi les spécialités locales, on peut citer la volaille de Houdan (IGP
ou Indication géographique protégée), dont on fait de délicieux pâtés,
celle du Gâtinais ainsi que le lapin du même terroir.
Fromages
- Brie : confectionné en Brie française depuis plus de mille ans, c’est
un fromage onctueux, à pâte molle et au lait cru de vache, dont le taux
de matière grasse varie entre 35 et 45 %. Il n’existe pas, en réalité,
un brie, mais une quarantaine de variétés, dont les caractéristiques
diffèrent légèrement en fonction de leur lieu de production. Ils sont
plus ou moins grands ou épais, moulés à la louche ou à la pelle... et
toujours délicieux.
Les bries de Meaux et de Melun, tous les deux AOC (Appellation
d’origine contrôlée), sont les plus célèbres, mais il existe également
des bries de Nangis, de Monterau, etc. Le coulommiers, à pâte jaune
paille et de taille plus petite que ses camarades, s’est fait un nom à
lui tout seul. La ville de Coulommiers accueille d’ailleurs chaque
année, pendant le week-end des rameaux, une Foire aux fromages et aux
vins très courue des amateurs.
- Fontainebleau : encore une ville qui a donné son nom à un fromage,
frais cette fois-ci, et légèrement plus gras : 75 % de matière grasse,
un taux qui doit beaucoup aux louches de crème ajoutées au lait caillé !
Sucreries
- Miel du Gâtinais : les abeilles du Gâtinais ont butiné à partir du
XVIIe siècle une plante fourragère cultivée en masse, le sainfoin. Le
miel du Gâtinais est encore produit de nos jours.
- Confiture de rose : introduite à Provins en 1238 par Thibaut IV,
comte de Champagne de retour de croisade, la rose est devenue l’un des
symboles de la ville. On la trouve sous forme de confiture, appréciée
pour sa finesse et son parfum, mais aussi de bonbons, liqueur, pâte de
fruits...
- Niflettes : tartelettes de pâte feuilletée garnies de crème
pâtissière. On les trouve depuis le Moyen Âge à Provins, où on les
mange à la Toussaint et pendant la fête médiévale, en juin.
- Sucres d’orge des religieuses de Moret-sur-Loing : cette spécialité
artisanale a été concoctée pour la première fois en 1638 par les
religieuses bénédictines de Moret. Prévu à l’origine pour soigner la
laryngite, le petit bonbon devint rapidement la coqueluche des dames de
la cour de Louis XIV. Le secret de sa fabrication, jalousement gardé
pendant des siècles, n’a été transmis à la famille Rousseau qu’en 1972.
Celle-ci perpétue désormais la tradition et fait visiter à Moret un
musée du Sucre d’orge.
- Coquelicot de Nemours : cueilli à la main sur les terres en jachère
du canton de Nemours, le coquelicot est transformé depuis 1850 en
bonbons, mais aussi, de nos jours, en liqueur, en sirop, en confit, etc.
- Paris-Brest : c’est un pâtissier de la banlieue parisienne qui aurait
créé, à la fin du XIXe siècle, cette couronne de pâte à chou fourrée de
crème pralinée. Sa forme évoque une roue de vélo, son nom celui d’une
célèbre course cycliste de l’époque, qui aurait inspiré le pâtissier.
Vins et alcools
- Grand Marnier : cette liqueur dont la renommée a franchi les
frontières de l’Hexagone est distillée depuis le XIXe siècle à
Neauphle-le-Château, dans les Yvelines. C’est un certain
Louis-Alexandre Marnier qui en mit au point la « recette » : des zestes
d’orange amère macérés dans du cognac.
- Noyau de Poissy : cette autre liqueur, confectionnée dans la ville
des Yvelines depuis la fin du XVIIe siècle, est obtenue par macération
d’amandes d’abricots dans du cognac.
- Clacquesin : cette « liqueur de goudron », à base de goudron de pin
de Norvège à l’origine, puis allégée en sucre et en alcool et rehaussée
de plantes aromatiques et d’épices, fut inventée par un pharmacien
parisien du nom de Paul Clacquesin. Elle fut tout d’abord réputée pour
soigner les affections pulmonaires, puis devint l’apéritif à la mode
entre les deux guerres mondiales. En 1900, une distillerie fut ouverte
à Malakoff. Elle est aujourd’hui inscrite à l’inventaire des monuments
historiques : on peut la visiter, ainsi que l’usine d’embouteillage,
tout en dégustant un verre.
- Bières : quelques exploitants agricoles de Seine-et-Marne et du
Val-d’Oise ont choisi de cultiver de l’orge pour en tirer leur propre
bière, brassée sur place. Blondes ou ambrées, ces mousses du cru
portent le nom de bière de Brie, Gâtine (bière du Gâtinais) ou encore
bière du Vexin.
- Cidre : les nombreux vergers de pommiers de la Seine-et-Marne sont
mis à profit depuis le début du siècle dernier par les producteurs
locaux pour confectionner du cidre de la Brie.